HARCELEMENT MORAL PAR 

SEXISME ET DISCRIMINATIONS 

ENVERS LES FEMMES 

AU TRAVAIL

Les comportements négatifs et les préjugés envers les femmes peuvent devenir des occasions de harcèlement moral. Le sexisme trouve des arguments qui légitiment les comportements de violence à l’encontre des femmes. Au travail, le sexisme c’est de la discrimination parce qu’on est une femme et on n’a pas la même égalité des chances que les autres.

La loi oblige les employeurs à prendre des mesures de lutte et de prévention contre le sexisme, les agissements sexistes au travail et le harcèlement sexuel.

Les réflexions sexistes en entreprise sont souvent le prélude à du harcèlement moral et les femmes doivent se former pour apprendre à se défendre, surtout si elles sont à des hauts postes de responsabilités. Voir les exemples à la fin de ce texte.

Le sexisme a été défini par le Haut Conseil à l’Egalité (HCE) dans son rapport de janvier 2019 intitulé « 1er état des lieux du sexisme en France ».

Définition du HCE : "Le sexisme est une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, est un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques,…) aux plus graves (viols, meurtres,…). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements). Les actes sexistes sont massivement commis par des hommes contre des femmes – voire quasi exclusivement dans certains cas –, qu’il s’agisse d’actes discriminants, humiliants, menaçants, violents. Toutes infractions pénales confondues, 89% des victimes d’actes sexistes sont des femmes et 91% des mis en cause sont des hommes. S’il peut arriver que des hommes fassent, dans certaines situations, l’objet de rejet, voire de discrimination en raison de leur sexe, ces situations ne sont pas fondées sur l’idéologie de l’infériorité notoire et généralisée des hommes par rapport aux femmes. »

 

Quelques chiffres

 

Selon le BAROMETRE 2017 établi par le Défenseur des Droits 2017 et l’Organisation internationale du travail (OIT) :

 

23,7% des femmes ont fait l’objet d’une discrimination dans l’emploi en raison de leur sexe contre 5,5% des hommes.

 

Les femmes apparaissent systématiquement plus discriminées que les hommes avec un taux global de 41 % contre 28 %.

 

Plafond de verre : c’est la barrière invisible qui empêche les femmes d’accéder aux plus hauts postes à responsabilité dans le domaine professionnel.

 

Les femmes les plus diplômées déclarent avoir subi un niveau plus élevé de discriminations que les femmes sans diplômes :

50,4% des femmes ont été discriminées au niveau Bac, BTS ou Licence.

45,1% au niveau Master et plus.

33,1% des femmes sans diplômes déclarent avoir été discriminées.  

 

Le spectre de la maternité : les femmes actives de 18 à 44 ans donc en âge d’avoir des enfants, soit près de 1000 personnes dans l’enquête du Défenseur des Droits, présentent un taux global d’expériences de discrimination de 46%.

 

51% des femmes salariées non cadres ont vécu des discriminations en tant que femmes : pas augmentées, pas primées, pas promues, pas désignées pour une tâche valorisante, pas embauchées ou pas formées.

 

Une enquête réalisée par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP) sur les femmes salariées non cadres en 2016 révèle que :

 

74% des femmes salariées non cadres considèrent que, dans le monde du travail, les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes (contre 54% des hommes).

 

47% des femmes non cadres ont déjà été directement confrontées au sexisme, en tant que témoin (37%) ou en tant que cible (29%).

 

51% des femmes salariées non cadres estiment avoir rencontré un frein professionnel en raison de leur sexe (pas augmentées, primées, promues, désignées pour une tâche valorisante, embauchées ou formées).

 

40% des femmes salariées non cadres qui ont été victimes de comportements sexistes dans le cadre de leur travail n’ont pas réagi parce que cela « ne sert à rien».

 

81% des femmes non cadres victimes de comportements sexistes à leur travail ont déjà adopté une conduite d’évitement afin de ne pas avoir à affronter des propos ou comportements sexistes.

 

56% des femmes non cadres victimes de comportements sexistes, lorsqu’elles ont dénoncé ces derniers à leurs supérieurs et/ou aux représentants du personnel, n’ont pas été écoutées et/ou crues.

18% seulement des femmes salariées non cadres considèrent que leur entreprise combat le sexisme.

La proportion des femmes confrontées au sexisme est significativement moins forte dans les entreprises qui le combattent.

L’enquête montre que plus les entreprises prennent des mesures pour combattre le sexisme et renforcer l’égalité, moins il y a de sexisme. En effet, pour inciter les entreprises à lutter contre le sexisme, les femmes préconisent un message fort de la part de la direction.

Près d’1 femme cadre sur 2 s’est déjà sentie dévalorisée au travail parce qu’elle était une femme.

Une autre enquête réalisée par le CESP en 2013 sur les femmes cadres montre des comportements sexistes au travail de la part des hommes cadres envers leurs homologues féminines.

Au cours de réunions de travail en entreprise :

- plus d’1 femme cadre sur 2 a été sollicitée pour des tâches subalternes ou sans rapport avec ses compétences professionnelles.

- près de 6 femmes cadres sur 10 se sont senties exclues ou marginalisées, un phénomène remarqué par moins d’1 homme sur 5.

- près d’1 femme cadre sur 3 a entendu un homme s’adresser aux seuls hommes face à un collectif mixte (invisibilité des femmes !).

 

14% des femmes managers ont déjà entendu dire qu’elles n’étaient pas à leur place parce qu’elles étaient une femme à un poste de responsabilités.

 

Critique des caractères des femmes managers : 81% des femmes cadres ont entendu des remarques désobligeantes d’ordre personnel et près de 60% des hommes l’ont constaté.

 

Certaines remarques masculines sont hallucinantes 

 

81% des femmes managers ont déjà entendu au moins une de ces phrases :

« Je me demande comment elle est arrivée à ce niveau de poste, elle a dû coucher »

« Elle est trop rigide/agressive »

« Elle est pire qu’un homme »

« Elle est hystérique »

« Elle est trop douce, pour faire ce métier, il faut ‘’en avoir’’ ! »

« Je ne vais quand même pas faire ce qu’elle demande, c’est une femme »

 

Remarques sur le physique : 42% des femmes managers ont entendu des compliments sur leur tenue ou leur physique qui les mettaient mal à l’aise et 23% des remarques désobligeantes.

 

Interpellations familières : la moitié des femmes managers s’est vu interpellée de façon familière (« Ma petite,… ») et près de 40% des hommes l’ont constaté.

Exemples constatés : « Ma belle » « Ma petite » « Ma grande » « Ma poule, ma cocotte » « Ma chérie » « Miss » « Ma puce »

 

Blagues sur les femmes : 8 femmes managers sur 10 ont été témoins de blagues sur les femmes et 1 sur 2 en a été la cible ; 8 hommes sur 10 en ont été témoins.

 

L’expression de phrases stéréotypées à l’encontre des femmes est particulièrement focalisée sur l’intellect et les humeurs : le taux de réponses « oui » aux questions suivantes posées aux femmes managers lors de cette enquête montre une atmosphère sexiste dans les entreprises en France.

 

Dans votre travail, vous a-t-on déjà dit…

« Ne fais pas / Elle fait ta / sa blonde » : 59%.

« Elle est de mauvaise humeur, elle doit avoir ses règles ! » : 69%.

« C’est quoi cette Barbie qui vient d’arriver dans le service ? » : 42%.

« Elle ne sait pas faire grand-chose à part se vernir les ongles » : 23%.

 

Exclue du collectif de travail

 

3 femmes sur 10 ont répondu oui à au moins l’une des questions suivantes posées par l’enquête. Vous est-il arrivé :

- que vous soyez oubliée ou exclue d’une réunion ?

- qu’on ne vous écoute pas ou que votre avis ne soit pas apprécié à sa juste valeur ?

- que votre opinion soit récupérée par un homme et dès lors chaudement applaudie ?

- qu’on vous coupe la parole ou que vous ne puissiez pas prendre la parole ? »

 

La carrière :

- plus d’1 femme sur 2 estime avoir rencontré un frein professionnel en raison de son sexe.

- 41% des femmes ont été confrontées à des jugements attribuant les carrières des femmes à leur sexe.

 

Les rémunérations : près de 30% des femmes ont entendu des remarques remettant en cause leurs prétentions salariales pour 4% seulement des hommes.

 

Mise en cause générale de la compétence / légitimité des femmes à manager : 57% des femmes en ont été témoins.

 

Critique des compétences managériales : 56% des femmes déclarent avoir été témoins de réserves à ce propos, 14% des femmes managers disent l’avoir vécu.

 

Les impacts émotionnels : 53% des femmes managers disent avoir été très affectées par des comportements de sexisme et 40% n’ont pas réagi

 

52% des femmes ont déjà réagi directement lorsqu’elles ont été personnellement confrontées.

 

28% en ont parlé en interne.

 

Mais 40% n’ont pas réagi dans l’entreprise à cette forme de stigmatisation voire même en dehors. Le taux de non réaction à 40% est le même pour les femmes non cadres interrogées dans l’enquete de 2016.

 

Leurs réactions sont : « J’en ai parlé à ma famille, à mes amis ». « J’ai souri ou ri même si j’étais mal à l’aise ». « Je n’ai rien dit à personne ».

 

Lorsque des femmes sont témoins de sexisme envers d’autres femmes en entreprise : 47% ont réagi mais 33% n’ont pas réagi.

 

40% de femmes victimes potentielles car elles n’ont pas réagi au sexisme

 

Le manque de réaction des femmes victimes d’actes sexistes ou de remarques désobligeantes les met en position de fragilité car tester la 1ère réaction de la future victime déjà choisie pour cible est une des méthodes des harceleurs pervers.

 

Si la victime potentielle ne dit rien la 1ère fois, le manipulateur sait qu’il peut aller plus loin et il va monter en puissance jusqu’à la faire craquer. Elle va donc subir du harcèlement moral.

 

Certains harceleurs pervers se sont déjà entraînés dans leur couple, ils savent donc très bien comment on fait pour perturber une femme victime, qu’elle soit manager ou pas. Peu à peu, les remarques perfides vont devenir du harcèlement.

 

Le harceleur principal va aussi diffuser en secret des calomnies sur la victime et cela finir par du harcèlement en groupe par tous les collègues du manipulateur. Ces calomnies sont souvent teintées de sexisme et vont affecter la victime parce que tout le monde en interne croira que par exemple « elle a couché pour réussir », qu’elle est une « pute », une « salope » et une « hystérique » selon le modèle expliqué dans les sondages reportés plus haut dans ce texte.

 

Si vous êtes une femme manager qui a une équipe sous ses ordres, le pervers sera tout à fait capable de monter vos collaborateurs contre vous, voire de choisir une femme qu’il va piloter pour la pousser à vous dégager dans le but de prendre votre poste.

 

L’imagination de ces pervers est sans limite et ce n’est pas de la théorie du complot de le croire capable de monter vos collaborateurs ou vos collègues contre vous.

Le harcèlement de groupe existe ! N'attendez pas qu'il soit trop tard pour réagir. 

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